Chapitre
2
C'était le moment ! Le
chêne était en train de tomber... Le groupe des
plus âgés se tourna vivement vers l'arbre
mort quand il s'écrasa sur l'herbe du champs dans un bruit
sourd. Les femmes du groupe des vieux étaient pratiquement
toutes en larmes.
- C'est fini, l'arbre est mort...
murmuraient-elles d'une même voix.
Les hommes, quant à eux,
consolaient leur bien aimée...
Les jeunes, eux, n'avaient
visiblement même pas remarqué que le chêne
était tombé, ils étaient encore en pleine
discussion...
- Alors, Caro ! Je vais te raconter
ma dernière relation ! C'était Steaven, il
était trop beau et bon au lit, mais il m'a
ennuyé au bout de quelques heures ! lança Elodie
qui rigolait comme une folle.
- Ah... Bon, et bien, je
t'écoutes ! répondit Caroline, voulant partir en
courant, mais se contenant tout de même pour ne pas vexer
Elodie qui était prête à lui raconter toutes
ses conquêtes.
Alors que les deux jeunes femmes
d'une vingtaine d'année, qui était tout de même
dans le groupe des jeunes s'éloignaient, Jean-Philippe
s'approchait de Vanessa, un grand sourire se déssinant sur
ses lèvres.
- V ! hurla t-il.
- Oh non.. Pas lui ! pensa Vanessa,
restant de dos à Jean-Philippe qui était tout
content.
- Je peux te poser une question
?
- Ouais, je t'en pris... Balance ta
question ! répliqua t-elle d'un ton sec.
- Euh.. Je voulais juste te
demander...
Il n'eut pas le temps de finir sa
phrase que Marie-Alix s'imposait entre Vanessa et lui comme une
barrière infranchissable.
- Comme on se retrouve Vaness !
s'exclama Marie-Alix, essayant tant bien que mal de faire un
sourire naturel.
Vanessa regarda Marie-Alix de haut,
puis un sourire factice s'afficha sur ses
lèvres à son tour.
- Bon, je vous laisse les mioches,
je vais m'incruster avec Yohan, Audrey et Aurélie...
annonça t-elle, s'éloignant de Jean-Philippe et
Marie-Alix.
- Ok, salut ! lança
Marie-Alix.
- Mais, Vanessa !
- Rooh, qu'est-ce que tu as encore
?! demanda Vanessa, visiblement un peu énervée,
revenant sur ses pas.
- Ben...
- Mais, attendez... Ma petite soeur
n'est pas avec vous ?!
- Non, elle est rentrée...
répondit Marie-Alix en soupirant.
- Elle est rentrée ?! Mais
qu'elle cruche celle-là... lâcha Vanessa, en
levant les yeux au ciel. Elle me les casse en ce moment, vous
pouvez pas savoir ! continua t-elle.
- Ah bon ?! questionnèrent
Jean-Philippe et Marie-Alix d'une même voix, voulant en
savoir plus.
- Ouais, elle est très
bizarre... Depuis plusieurs jours, elle reste enfermée dans
sa chambre toute la journée, elle sort juste pour les repas,
et encore... Françoise et mon père s'inquiète
beaucoup pour elle, mais bon...
Jean-Philippe et Marie-Alix
échangèrent alors un regard inquiet, et
fixèrent ensuite Vanessa.
- Bon, je vais aller la voir !
décida Jean-Philippe, sûr de lui.
- Comme tu veux... Bon, tchuss les
moustiques !
Vanessa s'éloigna alors de
Marie-Alix et Jean-Philippe, ses cheveux longs teints en noir avec
des reflets rouges attachés en une couette qui lui retombait
sur l'épaule, ses yeux marrons foncés, cernés
de noirs, regardant les alentours, et le chêne, inerte sur le
sol.
- Bon, bah c'est bon, y a plus de
chêne ! remarqua t-elle, se déhanchant jusqu'à
Aurélie, Yohan et Audrey.
Jean-Philippe partit alors d'un pas
décidé vers la maison de Johanna, lorque la voix de
Marie-Alix l'arrêta.
- Tu veux vraiment aller la voir
?!
- Ouais, absolument...
- Mais, pourquoi exactement ?
- Parce que je veux savoir ce
qu'elle nous cache, si ce que dit Vanessa est vrai, il vaut mieux
que je lui parle, répondit-il, ses yeux verts
s'arrêtant sur le chêne mort depuis déjà
quelques minutes. Tu peux aller faire ton deuil auprès du
chêne, toi qui l'aimais tant ! conseilla t-il, d'un ton
moqueur.
- Pfff... Tu es trop con JP ! Vas
t-en ! Et oui, je vais aller faire mon deuil auprès du
chêne !
- Moi aussi je t'aime M-A !
lança t-il en pouffant de rire.
Jean-Philippe s'enfonça
alors dans l'impasse pour ensuite disparaître dans le
jardin puis la maison de Johanna, laissant une Marie-Alix
énervée.
Les derniers mots qu'avaient
prononcé Jean-Philippe résonait dans sa
tête.
- Il m'enerve ! cria t-elle, en
rage.
C'est alors que la jeune blonde
sentit des mains se poser sur ses épaules. Elle se retourna
rapidement, croyant que ce serait une de ses soeurs, sa
mère, ou son père, mais quand elle vit Jean-Pierre,
le père de Johanna et Vanessa, face à elle, elle
haussa les sourcils, étonnée.
Jean-Pierre faisait un de ses plus
beaux sourires à Marie-Alix alors qu'il restait toujours
neutre et impassible habituellement.
- Tu veux venir manger à la
maison Marie-Alix ? demanda t-il alors, ne la lachant pas des
yeux.
- Euh... Je... balbutia Marie-Alix,
ne sachant que répondre.
- Ne t'inquiète pas, si je
proposes, cela veut dire que ça ne dérange pas le
moin du monde !
Marie-Alix était en feu, elle
avait très chaud tout à coup.
- Qu'est-ce qui m'arrive... songea
t-elle, prête à tomber à la renverse.
C'est alors que Françoise
arriva vers Jean-Pierre en courant, toute tremblante.
- Jean-Pierre, regarde le ciel !
s'exclama t-elle de sa voix stridente habituelle.
Jean-Pierre leva alors ses yeux
bleus vers le ciel.
- Mais... Le ciel n'était pas
bleu il y a quelques secondes ?!
Le ciel était en effet devenu
noir d'une seconde à l'autre. C'était pourtant un
beau jour d'été, mais un éffroyable orage se
préparait... C'est alors que la foudre tomba dans le champs,
suivit d'un grand bruit, celui du tonnerre. De plus, quelques
secondes après, la pluie se mit à tomber à son
tour, se transformant rapidement en grêlons.
Tous le monde se mit alors à
courir dans tous les sens pour se mettre à l'abris.
Marie-Alix rejoignit vite ses parents pour rentrer chez elle, ne
réalisant pas ce qui se passait.
De son côté, Johanna
regardait toujours par la fenêtre de sa chambre l'exterieur.
Des larmes coulaient sur ses joues blanches.
- C'est le commencement... J'ai si
peur !
- Johanna ?!
En entendant une voix masculine,
Johanna sursauta et s'éloigna de sa fenêtre. Elle
reconnut tout de même la voix familière de
Jean-Philippe, qui continuait à l'appeler.
- Je.. Je suis dans ma chambre !
cria Johanna pour se faire entendre, essuyant les larmes qui
coulaient sur ses joues d'un revers de main.
Jean-Philippe entra quelques
secondes après dans la chambre de Johanna, fronçant
les sourcils.
- Il y a une tempête dehors ou
je rêve ?!
- Non, tu ne rêves pas...
Le jeune garçon prit place
sur le lit de Johanna et la regarda. Son visage s'assombrit tout
à coup.
- Johanna, tu vas bien ? On dirait
que.. On dirait que tu as pleuré ! s'inquéta
t-il.
Johanna ne répondit rien et
s'assit sur la chaise de son bureau. Quelques secondes
après, elle explosait en sanglots, plaquant ses mains sur
son visage.
Jean-Philippe la regardait, il ne
bougeait pas. Il ne savait pas quoi faire. Il préféra
alors quitter la chambre, préférant laisser Johanna
seule, il pensait que c'était ce qu'elle voulait... Il
déscendit alors les escaliers quatre à quatre pour
sortir de la maison, mais c'est là qu'il croisa la fille
qu'il ne pourrait jamais oublier : Vanessa.
- Moustik ! s'exclama t-elle, tout
à coup. Jo va bien ?!
- Non, pas vraiment...
répondit Jean-Philippe, une mine triste sur son visage.
- Bon, en tout cas, si tu veux
partir... Je te conseille de rester ici car dehors, c'est
l'horreur, si tu veux pas t'envoler en sortant de la maison, il
vaut mieux que tu restes ici !
Jean-Philippe regarda par la petite
fenêtre du couloir du rez de chaussée le temps dehors,
et le vent soufflait très fort, le ciel était
toujours noir, et la foudre frappait... Ce temps était plus
qu'imprévu, pensait-il, mais il y avait une bonne chose dans
tout cela, c'est qu'il allait pouvoir passer du temps avec Vanessa
! Même si celle-ci était imprévisible. En ce
moment même, elle était apparamment très
gentille, mais elle pouvait s'enerver très vite et envoyer
balader Jean-Philippe en une seconde ! Il s'approcha alors d'elle
et lui murmura quelques mots à l'oreille :
- On va dans ta chambre ?!
Pour toute réponse, Vanessa
repoussa Jean-Philippe violemment et le regarda avec
dégout.
- Commence pas à me faire
chier ! s'enerva t-elle, le fusillant du regard.
Jean-Philippe ne
préféra pas insister et baissa la tête vers le
sol, dépité. Il ne savait même pas pourquoi il
avait dit ces mots à Vanessa, surement parce qu'il voulait
jouer à la game cube... Mais visiblement, elle ne
l'avait pas compris de cette oreille !
- Bon, excuse moi... Ok, on va dans
ma chambre ! Mais attention où tu mets tes mains
baladeuses.. Tu as l'âge bête, alors je sais que je
dois me méfier ! Petit vicieux...
Jean-Philippe rigola sur les mots de
" V ", comme il l'appelait souvent et ils montèrent les
escaliers pour se rendre dans la chambre de cette
dernière.
Une fois dans la chambre, Vanessa
alluma la télévision, située sur une
étagère en face de son lit, puis elle brancha sa game
cube pour jouer aux jeux vidéos qu'elle
possédait.
- Je vais te battre, tu vas voir !
lâcha Jean-Philippe, visiblement sûr de lui.
- C'est cela oui... répondit
Vanessa, tu ne sais pas à qui tu vas te
mesurer sale mioche !
Ils rigolèrent et
commencèrent à jouer quand un cris de Bounty, le
lapin de Vanessa les arrêta dans leur jeu.
- Bounty, qu'est-ce qu'il y a mon
bébé !
Vanessa regarda son lapin qui
était dans sa cage, au pied du lit, il sautait dans tous
les sens dans la cage, il ne s'arrêtait pas, il devenait
complètement fou, alors qu'habituellement, il était
sage comme un ange.
- Bounty ! Calme toi ! s'exclama
Vanessa, appeurée. Bounty, arrête ça !
- Mais il est fou ton lapin !
Il est pas comme ça d'habitude ! lança
Jean-Philippe, faisant de gros yeux.
- Putin, tais toi ! Aide moi
plutôt à le calmer au lieu de dire n'importe quoi
! s'enerva Vanessa.
- Ok, ok...
Pendant ce temps, chez
Marie-Alix...
- Maman... Qu'est-ce qui se passe
dehors ?!
- Ne t'inquiète pas ma petite
chérie, ce n'est rien, demain, il refera beau !
répondit Guilaine, la mère de Marie-Alix, essayant de
rassurer sa fille.
- Oui, tu as sans doute
raison...
Guilaine préparait à
manger pour Marie-Alix, très inquiète de ce
changement de temps, mais elle ne voulait pas le montrer à
sa fille pour ne pas que celle-ci prenne peur. Elle apporta alors
un plateau à Marie-Alix.
- C'est bientôt prêt, tu
vas pouvoir regarder la télévision en mangeant ma
belle !
- Merci Maman...
Marie-Alix était vraiment
rassurée par sa mère, Guilaine avait un visage aux
traits doux, et c'était une femme qui nous mettait en
confiance très vite, peut être même un peu trop
vite ! Elle était toujours là en cas de besoin et
tous les habitants de l'impasse l'adorait ! Elle aimait
beaucoup faire plaisir à ses filles, surtout
à sa petite dernière.
Guilaine déposa peu
après une assiette de purée sur le plateau de sa
fille, ainsi que du jabon blanc et un oeuf au plat. Elle versa
dans un verre du jus d'orange et le déposa sur le
plateau de sa fille, et pour confiner ce beau plateau, elle
mit quelques bonbons autour du verre de la jeune blonde, et
lui fit un sourire radieux.
- Voilà ma puce, tu peux
aller manger !
Marie-Alix saisit son plateau
et partit s'installer devant la télévision.
- Tu ne resteras pas trop devant la
télévision ma chérie, car quand il y a de
l'orage, il ne faut surtout pas normalement, mais je te
laisses quand même un peu pour te faire plaisir.
- D'accord, je ne resterai pas
longtemps...
C'est alors que Florent, le petit
ami de Caroline arriva dans la cuisine, cherchant visiblement
quelqu'un.
- Vous savez où se
trouve Caroline, Guilaine ?!
- Et bien, il me semble qu'elle est
chez Elodie, celle-ci la emportait avec elle pour finir de lui
raconter ses ébats amoureux, elle n'a pas vraiment
été perturbée par l'orage on
dirait...Sacré Elodie ! Elle a 22 ans, pourtant, on dirait
encore une adolescente... répondit Guilaine en souriant.
- Bon, ce n'est pas grave...
Florent quitta aussitôt la
cuisine pour rejoindre Patrick, le père de Marie-Alix
à l'exterieur qui cherchait Scarlett.
- Vous ne l'avez pas encore
trouvé ?! demanda Florent, inquiet.
- Non.. Surtout, ne dit pas à
Guilaine, Marie-Alix et Audrey que Scarlett a disparu, elles
seraient morte d'inquiétude !
- Je ne leur dirait pas, c'est
promis...
Patrick et Florent étaient
prêts à s'envoler, le vent ne s'arrêtait pas de
souffler et le temps ne s'arrangeait pas, c'était de pire en
pire...
- Je la vois ! Elle est dans sa
niche ! s'exclama Florent.
- Que suis-je bête... Je
n'avais même pas pensé à regarder dans la niche
de Scarlett... Merci beaucoup Florent.
Patrick, se
sentait soulagé après avoir retrouvé
Scarlett, il s'approcha alors de sa chienne
adorée.
- Viens Scarlett, on rentre à
la maison ! A l'interieur, on est en sécurité,
allez viens !
Malgrè les paroles de son
maître, Scarlett ne bougeait pas de sa niche.
- Scarlett, viens je te dis !
Patrick frappait sur ses cuisses
pour faire venir Scarlett, mais elle ne bougeait toujours pas. Il
fronça alors les sourcils et s'approcha plus de sa chienne
et tout à coup, celle-ci lui sauta dessus sauvagement en
aboyant.
Florent observait la
scène, terrifié, il était comme
pétrifié, il voyait Scarlett en train de mordre
Patrick qui gémissait, mais il ne bougeait pas, il restait
planté sur ses pieds, regardant la vision d'horreur qui se
déroulait devant lui.
Dans la cuisine, Guilaine, qui
faisait la vaisselle, leva la tête, elle entendait des cris
lointains, mais elle ne s'inquiéta pas pour si peu.
- C'est sans doute la
télévision, ou alors mon imagination... songea t-elle
en regardant son reflet dans un verre, parfaitement
lavé.
A suivre...
[ Voilà pour le deuxième chapitre de
Difficult Life ! Il est légèrement plus long que le
premier ! Ouf... J'ai mis quand même pas mal de temps
à l'écrire !
]
[ Je vais dédicasser tout
de même cet épisode à ma V !
héhé... ;) ]
Tchuss !
JP
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